janvier 2015

 

Résumé de la conférence

UN AUTRE REGARD SUR LA GÉOGRAPHIE

 LE TOUR DU MONDE DES ARBRES EXCEPTIONNELS

 par Micheline HOTYAT

 Professeur émérite de l’Université de Paris-Sorbonne

 Ancien Recteur de l’Académie de Caen

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Un public nombreux est venu le 19 janvier 2015 à l’université porter “Un autre regard sur la géographie” autour de la conférence ” le tour du monde des arbres exceptionnels” de Micheline HOTYAT
Après l’introduction de Daniel DELAHAYE, Professeur de géographie à l’université de Caen, chercheur de l’équipe GEOPHEN (LETG Caen – Littoral, Environnement, Télé-détection, Géomatique – Unité Mixte de Recherche 6554 multi-sites, Université Nantes, Université Caen, Université Rennes 2, Université Brest, CNRS) et vice-président recherche de l’université, Yves PETIT-BERGHEM, Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage (ENSP Versailles-Marseille), a présenté la biogéographie, domaine de recherche interdisciplinaire à l’interface entre les sciences du vivant et les sciences humaines et sociales.
Henri ELHAI, Gérard HOUZARD, Alain LECOINTE, Michel PROVOST et leurs élèves ont fait de Caen un pôle reconnu au niveau national en biogéographie. La figure de G. HOUZARD est importante dans la mesure où il participa à la reconnaissance institutionnelle de ce champ disciplinaire en présidant durant plusieurs années la commission de biogéographie. Il amorça les premières réflexions sur les territoires en collaborant régulièrement avec les géographes ruralistes et les historiens. Gérard HOUZARD fut Professeur à l’université de Caen jusqu’en 1996 ; il s’intéressa particulièrement à l’impact des activités humaines sur l’évolution des massifs forestiers bas normands.
Yves PETIT-BERGHEM a ensuite présenté ses propres sujets de recherche comme enseignant-chercheur à l’université de Caen : ils s’inscrivent, eux aussi, dans une inter et même une transdisciplinarité.
Thibaut PREUX, doctorant en géographie au Laboratoire LETG-Caen GEOPHEN / ESO-Caen et Amaury LE BRET, étudiant en Master 2 AGIRE (UFR de Géographie, Université Caen) sont intervenus sur un sujet qui a passionné l’auditoire : « l’arbre et la haie : évolutions récentes des paysages de bocage en Basse-Normandie ».
Si le bocage fait aujourd’hui l’objet d’une attention renouvelée (réservoir de biodiversité, protection contre l’érosion des sols, aménités paysagères…), la « modernisation agricole » engagée dans les années 1950 a induit une forte recomposition de cet espace. L’irrégularité de la trame parcellaire et l’étroitesse des réseaux de chemins ont en effet longtemps été perçus comme des obstacles à l’amélioration de la productivité. Les remembrements, liés au productivisme, qui s’étaient multipliés dans l’ouest, dès 1960, sont cependant progressivement abandonnés en raison de leurs conséquences environnementales et sociales désastreuses, mais le débocagement se poursuit dans les campagnes de l’ouest.
L’évolution des paysages de bocage a été étudiée par une double approche : analyse spatiale et recherche des moteurs de ces évolutions.
Une cartographie des linéaires de haies par télédétection montre le recul quasi continu de la haie dans le paysage et l’inventaire sur le terrain montre une nette dégradation de la qualité du maillage bocager (arbres morts non remplacés, trouées, enfrichement).
L’enquête de terrain menée auprès des agriculteurs montre l’importance de leur représentation du bocage. Pour compenser la surcharge de travail liée à l’agrandissement et à la spécialisation des exploitations, de nouvelles pratiques sont adoptées, d’autres abandonnées, par exemple l’entretien des haies.
Au final, ces recherches montrent que le processus de débocagement, qui se poursuit dans l’ouest de la France, ne se fait plus lors de remembrements à l’échelle communale, mais à l’échelle de chaque exploitation, ce qui complexifie la compréhension des dynamiques paysagères.

Micheline HOTYAT, Professeur Emérite de l’Université de Paris-Sorbonne, Ancien Recteur de l’Académie de CAEN, nous a ensuite emmenés dans un fascinant « tour du monde des arbres exceptionnels ».
De tout temps, les arbres ont fasciné les hommes que ce soit par leur taille, leur hauteur, leur âge, leur forme…mais aussi parce qu’ils sont un lien entre la terre et le ciel et ont été vénérés comme arbre de vie, de la connaissance ou de la liberté ! Les arbres imprègnent toutes les cultures du monde. Mais comment fonctionnent-ils, comment les dater, les mesurer ? Le fonctionnement des arbres est bien connu, puisque comme tout végétal, il produit de la matière par le biais de la photosynthèse. Les plantes vertes sont capables grâce à la chlorophylle contenue dans leurs cellules, à la lumière solaire, à la présence du dioxyde de carbone dans l’atmosphère et à l’absorption d’eau et de sels minéraux de produire de la matière et de rejeter de l’oxygène. Là est la source de vie à la surface du globe. Mais il ne faudrait pas oublier que les plantes respirent en rejetant aussi du gaz carbonique.
Ces monuments de la nature, pour qui sait décrypter leur morphologie, leurs tissus, leurs gènes sont témoins de tant d’histoires. Ils nous renseignent sur les conditions du milieu, les divers traitements subis au cours de leur vie, voire des informations sur les temps très anciens lorsque des bois fossilisés sont examinés. Mais ce qui fascine le plus l’être humain, ce sont les plus vieux, les plus grands, les plus gros, les plus surfaciques, les plus biscornus, les plus énigmatiques…. Mais si l’on a des individus plurimillénaires, des individus aux hauteurs vertigineuses de plus de 100 mètres ou des arbres aussi hauts que larges de 40 mètres, ces végétaux n’en sont pas moins des organismes vivants voués à disparaître. Comment les sauvegarder ? Doit-on les immortaliser en les bétonnant, les enduisant, les entoilant, les béquillant, bref en les transformant en monuments ! Les banques de semences ou les arboretums peuvent permettre de sauvegarder les espèces mais pas les individus identifiés comme exceptionnels qui périront un jour…
Les mots, les peintures et les dessins peuvent immortaliser des arbres. Victor Hugo vantant les arbres colbertiens de la Forêt de Fontainebleau a écrit « Un arbre est un édifice, une forêt une cité, entre toutes la forêt de Fontainebleau est un monument » ; ou des peintures comme celles des impressionnistes ou encore des dessins des artistes de l’âge d’or du paysage hollandais (XVIIe siècle) ont immortalisé des arbres sur leurs toiles.
Ce tour du monde des arbres exceptionnels nous a permis de voyager dans un monde fabuleux…

 

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